Il y a quelque chose de libérateur dans l’écriture, dans le fait de déposer la vérité, la douleur, la joie et les sentiments inconfortables sur le papier, pour qu’ils y restent, offerts au monde.
Cette année, je l’ai fait. J’ai publié un recueil de nouvelles ancré dans notre réalité contemporaine en tant qu’Africains. Que ressent un travailleur du développement international lorsqu’il est confronté au racisme ? Que ressent un immigrant dans un nouveau pays ? Que traverse un enfant confronté aux conséquences du changement climatique ? Les huit histoires fictives du recueil, Le chant des cicatrices, sont peuplées de personnages que nous voyons, ressentons, connaissons et côtoyons chaque jour. Ces personnages fictifs pourraient donner une voix aux cicatrices silencieuses de beaucoup.
Le processus d’écriture a pris son temps ; j’ai ressenti la douleur que je devais ressentir. J’ai traversé l’euphorie de minuit liée à la création d’une histoire. J’ai eu la chair de poule en découvrant les mots et les pensées de mes personnages. J’ai traversé la phase de doute, me demandant si j’en étais capable ou si cela en valait la peine. Je les ai tous ressentis, et ils sont des personnes de mon passé, de mon présent et de mon futur. Avec chaque histoire, il y a encore plus à dire et à ressentir. L’esprit de chaque lecteur complétera l’histoire des personnages selon sa propre réalité. Le fil conducteur est que nous les reconnaissons dans ce que nous sommes en tant qu’Africains. À chaque histoire, j’espère que le lecteur repartira avec différentes fins possibles et des questions à méditer.
Le lancement avait pour objectif de susciter des débats et des réflexions sur qui nous sommes en tant qu’Africains, quels sont nos problèmes, où trouver nos solutions et, surtout, quelle est notre place dans ce monde en constante évolution.
L’Afrique est un continent de cicatrices. Des cicatrices de guerre, de douleur, d’injustice, d’exploitation, de luttes de pouvoir. En portant ces cicatrices, qui sont les marques d’un guerrier, nous continuons d’avancer.
L’Afrique est un continent de chants, des chants de joie, de tristesse, de douleur, de vie, d’histoire. Par la mélodie, nous transmettons le savoir, les secrets, la sagesse et partageons la douleur tout en construisant la résilience.
Ainsi, Le Chant des Cicatrices.
La gratitude découle de ce recueil construit au fil des années d’observations, de rencontres et d’environnements. La motivation naît du fait de savoir que les mots peuvent contribuer à des conversations menant à des réformes de développement. L’optimiste en moi demeure convaincue que d’autres recueils verront le jour, car j’ai encore beaucoup d’histoires à raconter.
Ce processus m’a rappelé une fois de plus que les mots ont leur place dans la construction de ce que nous sommes et de ce que nous voulons devenir. Et pour cela, je continuerai à écrire ce que je vois et ce que je connais.
Il existe de nombreux chemins vers l’Afrique que nous voulons, et elle a besoin de la contribution de nous tous. Ma contribution passe par mes mots.
Deborah Melom Ndjerareou
Leave a comment